Une entreprise familiale enracinée dans l’histoire salbrienne  

En Sologne, les entreprises familiales constituent un pilier essentiel du tissu économique local. À Salbris, la SAS GENEVIER incarne une part précieuse de l’histoire du territoire. Fondé officiellement en 1935 par Robert Petit, l’activité avait en réalité débuté dès 1932, alors que Robert n’avait que 21 ans. L’entreprise ne fut toutefois enregistrée au Registre du Commerce qu’en 1935, une formalité souvent négligée à l’époque. 

Le fondateur, Robert Petit, exerçait alors le métier de roulier — terme ancien désignant les transporteurs de marchandises à cheval, très répandu dans le centre de la France jusqu’au milieu du XXe siècle. Il débuta avec un attelage, avant de développer progressivement son activité jusqu’à en posséder cinq. Visionnaire et pragmatique, il diversifia très tôt les activités de l’entreprise en se lançant, dès 1934, dans le négoce de bois, de charbon de bois, puis de charbon. Cette activité s’est arrêtée en 2020 par des sacs de 25 kgs. 

Dans les années 1930 à 1950, en l’absence de gaz, de fioul ou d’électricité pour le chauffage, le charbon constituait l’une des principales sources d’énergie domestique en Sologne. Il arrivait en vrac par wagons entiers à la gare de Salbris, où il devait être déchargé à la main, transporté, conditionné en sacs de 50 kgs puis livré aux clients.

 La Seconde Guerre mondiale marqua une rupture. Mobilisé, Robert laissa temporairement la gestion de l’activité à son épouse Lucienne et à son beau-père Marcel Plaut, qui assurèrent les livraisons avec les moyens du bord, souvent réduits à un unique attelage — les autres chevaux ayant été réquisitionnés. 

Après la guerre, Robert reprit son activité et développa l’entreprise avec cinq attelages, employant quatre salariés. Sa capacité à anticiper les évolutions économiques le conduisit à acheter des bois sur pied, les faire exploiter, puis les livrer. Le début des années 1950 vit l’abandon progressif des chevaux au profit de camions, notamment des véhicules militaires déclassés. 

En 1956, Serge Genevier, jeune homme de 24 ans tout juste libéré de ses obligations militaires, entra dans l’entreprise. Il y fit carrière, y rencontra Jacqueline, la fille de Robert et Lucienne, qu’il épousa en 1958. Ensemble, ils assurèrent la pérennité de l’entreprise après le décès prématuré de Robert en 1970. Serge et Jacqueline élargirent encore les activités en développant le négoce de fioul domestique en parallèle de la vente de charbon. 

Jacqueline Genevier, pour les 90 ans de l’entreprise entourée de Florence, Ophélie et Mathieu

Ils s’investirent également dans l’exploitation forestière, notamment pour l’industrie papetière, jusqu’au début des années 1990. Leur fille Florence les rejoignit en 1979, perpétuant ainsi l’ancrage familial. 

Toujours en quête de diversification, la famille lança en 1989 une activité de négoce de matériaux de construction, complétée par une quincaillerie, puis, dans les années 2000 Florence a mis en place un espace dédié à l’équipement de la maison et à la décoration. L’entreprise s’agrandit à plusieurs reprises, et développa une surface commerciale de 1 500 m². En 2000, Ophélie, fille de Florence, rejoint à son tour l’entreprise, assurant la transmission de la quatrième génération (actuellement elle a repris la direction de l’entreprise familiale). 
Affiliée à plusieurs réseaux professionnels tels que Tout Faire, pour les matériaux, BRICOPRO pour le bricolage ou Cuisine Plaisir pour l’équipement de la maison et un partenariat avec BP pour les produits pétroliers en livraison. 

L’entreprise Genevier reste fidèle à son indépendance tout en bénéficiant de la force de centrales d’achats. L’avenir se construit aussi par la transmission. L’espoir d’une cinquième génération n’est pas exclu.

Aujourd’hui, la société s’appuie sur une équipe de 15 personnes, fidèles et engagées, qui incarnent l’esprit de service et de proximité qui fait la réputation de la maison Genevier. Un exemple remarquable de continuité familiale et de résilience entrepreneuriale en Sologne.