Entre nobles montures et nobles missions, les anciens Haras de Blois ont traversé les époques avec prestance, passant d’un haut lieu de l’élevage équin à un centre de soins tourné vers l’avenir. Retour sur une métamorphose spectaculaire, guidée par la volonté d’un homme et le respect d’un patrimoine classé.
L’histoire des haras nationaux débute sous le règne de Louis XIV, soucieux d’assurer à l’armée des montures robustes et performantes. Mais c’est en 1806, sous l’impulsion de Napoléon Ier, qu’un décret fonde officiellement un dépôt d’étalons à Blois, au sein de l’ancien couvent des Carmélites. Le lieu devient rapidement un pôle d’élevage stratégique, accueillant diverses races : demi-sang, Normands, Vendéens ou encore Percherons.Dégradé dans les années 1840, le bâtiment est restauré, mais la guerre de 1870 vient bouleverser son fonctionnement. La loi Bocher de 1874 impose une restructuration des haras, et le site devient trop exigu. Plusieurs projets de déménagement échouent, jusqu’à ce qu’un nouveau site, situé 62 avenue du Maréchal Maunoury, soit sélectionné.


De 1878 à 1880, l’architecte blésois Jules de la Morandière – également à l’origine de la Halle aux Grains – supervise la construction d’un nouveau complexe aux lignes fonctionnelles et harmonieuses. À son apogée en 1913, le haras de Blois héberge 112 étalons et mobilise une centaine d’employés : palefreniers, écuyers, maréchaux-ferrants…
Inscrit aux Monuments historiques en 1992, le site s’ouvre alors au public pour des visites et animations culturelles. Mais au début des années 2000, une vague de fermetures frappe les haras français. En 2006, le couperet tombe : Blois perd son haras. Les chevaux sont transférés, et l’avenir du site devient incertain.


En 2010, le ministère de l’Agriculture décide de céder le domaine. L’Institut français du cheval et de l’équitation reste gestionnaire jusqu’en 2014, date à laquelle Guillaume Pautout, entrepreneur blésois, en fait l’acquisition avec la SP2I (Société de Promotion Immobilière et d’Investissement).
L’homme, tombé sous le charme du site, se bat pour concrétiser un projet de réhabilitation malgré les obstacles. D’abord pensé comme un complexe hôtelier, le projet évolue en un programme de reconversion mêlant habitat, professions médicales et services à la population. Trois grandes phases vont marquer cette renaissance.
Dès 2015, les anciennes maisons d’officiers sont restaurées avec soin. Leur style typique de la fin du XIXe siècle, en tuffeau et briques, est conservé. Huit logements privés et plusieurs bâtiments d’affaires (cabinet d’avocats, crèche) voient le jour. Le vieux manège, vétuste, est démoli pour laisser place à 14 maisons modernes de 120 m², chacune dotée d’un jardin. Un nouvel accès est aménagé rue de Signeulx. La phase la plus ambitieuse concerne la réhabilitation des écuries. Classées, elles ne peuvent être transformées sans l’accord des Bâtiments de France.
Après de nombreuses démarches, un vaste centre médical prend forme : le centre CIBER de médecine nucléaire, un centre de prévention cardio-pneumo, des cabinets de pédiatrie, dentisterie, kinésithérapie, ainsi qu’une micro-crèche et une association dédiée au handicap.



Le site accueille désormais aussi des bureaux et prévoit un aménagement paysager du parc classé, avec parcours de santé et espaces communs gérés par une association.Après plus de sept années de travaux, le Haras de Blois a troqué le galop des chevaux contre le souffle de la réadaptation médicale. Guillaume Pautout peut être fier : en s’appuyant sur l’histoire et l’âme du lieu, il a réussi une reconversion exemplaire, alliant exigence patrimoniale et utilité sociale.
Contact
Centre Médical des Haras de Blois
8 rue Signeulx, 41000 Blois
centre-medical-des-haras.fr
02 52 69 00 30




