Docteur en sciences politiques, enseignant, il est l’auteur d’une vingtaine de livres (romans, essais, récits, théâtre) qui font partager son regard sur le monde, en guise de miroir réfléchissant. Partagé entre la frénésie parisienne et le ressourcement vendômois, Patrick Tudoret revient souvent dans sa région de cœur, la Sologne.
Votre enfance ligérienne semble ne jamais vous avoir quitté…
Aujourd’hui encore, je suis très attaché à la Sologne. C’est l’un de mes lieux de prédilection, le pays d’Alain-Fournier et de Maurice Genevoix. J’aime sa nature puissante : ses forêts qui s’éclairent à l’aube, ses étangs qui miroitent au soleil couchant, sa faune, sa flore… tout ce monde palpitant ! Il suffit de lire Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier pour comprendre qu’en Sologne, on voyage loin. Ici, les chemins de forêt ne semblent mener nulle part, et pourtant ils mènent à des châteaux mystérieux, comme chez Alain-Fournier, mais surtout au cœur de nous-même.
Est-ce que la Sologne vous inspire pour vos écrits ?
La Sologne a cette part de mélancolie nécessaire à l’écriture. C’est une manière de prendre conscience du temps qui fuit. Et, quand la mélancolie prend forme dans l’art, on appelle cela un livre. Bien sûr, j’aime passer du temps à Paris, mais la province finit toujours par me manquer. Revenir en Sologne est pour moi une véritable joie, qui me fait basculer dans un autre monde, une autre acception du temps.
J’écris actuellement un essai sur la marche qui débute par une randonnée solitaire en Sologne (sortie chez Tallandier, mars 2023), en hommage à mon père, Solognot de cœur et d’âme. J’y parcours la forêt solognote en longeant la rivière… néant. Marcher « au bord du néant » était assez tentant. Marcher permet d’échapper au vacarme, au chaos, de ce monde et de renaître.
Ce lien fort n’a-t-il d’intérêt que dans votre plaisir personnel ?

Loin de là. Quand je sors un livre ou fais jouer une pièce de théâtre, j’ai à cœur de les faire vivre en priorité dans cette région qui m’est chère. J’y viens pour des dédicaces. Je contribue aussi à organiser la journée littéraire du château de Meslay, chaque année depuis six ans. Cette année, nous y avons débuté la tournée de ma pièce Juliette, Victor Hugo, mon fol amour. C’est donc un produit « local », d’abord présenté dans un écrin de proximité, avant d’être joué partout en France.




