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L’art délicat de la simplicité

Il y a une quinzaine d’années, la céramiste a installé son atelier à Couddes. Tombée amoureuse de la porcelaine, elle transforme cette matière en mille et un objets, côté cuisine ou côté salon, avec toujours la même passion

Le jeu de mots peut sembler évident : Caroline Peltier a nommé son entreprise Kaolin’e. Un mélange entre le prénom de l’artisane, Caroline, et sa matière de prédilection, les kaolins. Ces argiles blanches sont en effet la matière première qu’utilise au quotidien Caroline Peltier dans son atelier, pour fabriquer mille et une merveilles de porcelaine. « Elle m’a toujours attirée, pour sa finesse, et son caractère translucide, et après plusieurs essais, je ne l’ai plus quittée. »

L’histoire d’amour entre Caroline et la porcelaine n’a pourtant pas commencé sur les chapeaux de roue. L’adolescente picarde avait une seule certitude : elle travaillerait dans un métier artistique ou manuel. Mais ce n’est qu’au détour d’un stage de vacances, dans le Lot, qu’elle découvre le décor sur céramique, chez un artisan local : « J’ai su que c’est ce que je voulais faire, du décor, mais je ne pensais pas encore à travailler la terre, c’est venu plus tard, après deux ans de CAP de décoratrice sur céramique. » Aujourd’hui, c’est elle qui devient formatrice, en accueillant le jeune Côme comme apprenti dans son atelier.

Porcelaine à l’état pur

« J’aime la couleur naturelle de la porcelaine, elle est tellement belle ! Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, la porcelaine est solide : comme on la cuit à haute température (1 300 °C), elle se rétracte à la cuisson et devient très fine, mais comme tous ses pores se referment, elle reste très résistante. On peut la passer au lave-vaisselle ou au micro-ondes sans problème. La preuve, c’est que les couteaux en céramique sont en porcelaine, tout comme les prothèses dentaires ! »

Et puisque la porcelaine se rétracte à la cuisson, il faut donc mener de savants calculs pour obtenir la pièce parfaite, aux dimensions souhaitées. Ce taux de rétractation se calcule, même si la nature joue parfois des tours selon le taux d’humidité de l’air ou la place qu’occupera la pièce dans le four. Un accident de cuisson n’est donc jamais à écarter, avec l’apparition d’une brèche qu’on n’avait pas anticipée.

Mais c’est avant même la cuisson que Caroline travaille ses décors. Pas de peinture ni de couleur dans ses créations, mais des reliefs, des motifs, grâce à un latex qu’elle appose au pinceau et qui permet de créer un langage de terre empli de pleins et déliés.

Peut-être avez-vous déjà déjeuné dans ces territoires immaculés ? Depuis plusieurs années, Caroline Peltier s’est en effet tournée vers le marché des professionnels et travaille aujourd’hui avec plusieurs restaurateurs, pour lesquels elle crée des pièces de vaisselle. L’Opidom (Fondettes, en Indre-et-Loire), Les Jardins de Villennes (dans les Yvelines), La Botte d’asperges à Contres ou la Vieille Tour à Cellettes… nombreux sont les chefs qui ont choisi de faire confiance à Caroline, en lui laissant carte blanche, ou en lui expliquant leurs désirs, qu’elle transforme en réalités.

Ces collaborations sont pour l’artisane l’occasion de varier les plaisirs, elle qui produit toujours pour les particuliers, décorateurs ou agences de design des vases, soliflores et vaisselle, ainsi que des miroirs et décors muraux avec lesquels elle continue d’innover… et de nous charmer.

Instagram @kaoline_porcelain
www.kaoline.org