JEAN-PIERRE DANEL, UNE VIE EN ACCORDS MAJEURS

Producteur à succès, guitariste virtuose, collectionneur passionné… Jean-Pierre Danel est un homme aux mille cordes. Fils du célèbre chanteur Pascal Danel, il a su forger son propre destin en multipliant les projets artistiques ambitieux. Derrière ses riffs électriques et ses albums certifiés or et platine, se cache un parcours atypique fait de liberté créative et d’initiatives audacieuses, que ce soit dans l’univers de la musique ou dans celui de l’édition. Rencontre avec un passionné infatigable, entre souvenirs familiaux, collaborations prestigieuses et engagement pour la cause animale.

Vous êtes le fils du chanteur Pascal Danel. Comment avez-vous vécu cette enfance dans un univers artistique ?
J’ai grandi dans un univers baigné de musique, de studios et de tournées. Mon père m’a donné très jeune une vision concrète du métier d’artiste, avec ses exigences, mais aussi sa magie. Il ne m’a jamais imposé ce parcours, mais il m’a permis de m’en approcher naturellement.

Avez-vous toujours su que vous seriez musicien ? Qu’est-ce qui vous a poussé vers la guitare ?
J’ai attrapé le virus de la guitare vers l’âge de 10 ans. C’était une évidence. Je n’ai jamais envisagé autre chose. La guitare m’a offert une forme d’expression directe, instinctive. J’ai très vite commencé à composer, à jouer, à enregistrer.

Votre parcours s’est construit hors des sentiers battus. Qu’est-ce qui vous a guidé dans vos choix professionnels ?
Je me suis toujours méfié des carcans et des sentiers trop balisés. Être indépendant m’a permis de rester libre, tant artistiquement que dans mes engagements. J’ai monté mon label, j’ai produit mes disques, j’ai écrit mes livres… La liberté a toujours été mon moteur.

Vous avez vendu plus de 3 millions d’albums, dont plusieurs disques d’or et de platine. Quelle place occupe la guitare dans votre vie aujourd’hui ?
La guitare, c’est le prolongement de moi-même. Elle est partout, dans mes journées comme dans ma manière de penser la musique. J’ai eu la chance qu’un instrument aussi simple dans sa forme m’offre autant de possibilités.

Vous avez réédité de nombreux standards du rock instrumental. Qu’est-ce qui vous attire dans ce genre musical ?
Le rock instrumental a une puissance évocatrice incroyable. Il laisse une grande place à l’interprétation, à la sensibilité. Je suis très attaché à des figures comme Hank Marvin ou les Shadows. Leur influence a été déterminante.

Quels artistes vous ont le plus influencé en tant que guitariste ? 
Hank Marvin, évidemment, mais aussi Brian May, Jeff Beck, ou encore des figures du blues comme Clapton. Je suis nourri d’un mélange de rock, de blues, et d’élégance mélodique. 

Vous avez enregistré avec des grands noms comme Hank Marvin, Brian May ou Louis Bertignac. Quel souvenir gardez-vous de ces rencontres ? 
Ce sont des souvenirs inoubliables. Jouer avec Hank Marvin, c’était comme un rêve de gosse devenu réalité. Brian May est un homme d’une générosité rare, et Louis Bertignac a cette folie douce et cette liberté qui me parlent. Ce sont des moments suspendus. 

Y a-t-il un artiste avec qui vous rêveriez encore de collaborer ? 
Il y en a plusieurs, bien sûr. Mark Knopfler ou David Gilmour, par exemple. Des guitaristes qui ont une vraie signature sonore. Mais au fond, ce sont les belles rencontres humaines qui comptent le plus. 

Quelle est, selon vous, la collaboration qui a le plus marqué votre carrière ? 
Probablement celle avec Hank Marvin. Elle a été symbolique à bien des égards. Mais je dirais aussi que chaque collaboration apporte quelque chose de fort. La richesse vient de la diversité. 

Vous êtes aussi producteur et à la tête d’un label indépendant, Puzzle Productions. Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre propre structure ? 
L’envie de liberté, encore une fois. Je voulais pouvoir décider des projets que je mène, défendre une certaine vision de la musique, sans compromis. Puzzle Productions m’a permis de produire mes propres disques, mais aussi ceux d’autres artistes. 

En parallèle, vous avez fondé une maison d’édition, Les Éditions du Pré aux Clercs. Comment passe-t-on de la musique à l’édition ? 
L’écriture a toujours été présente dans ma vie. C’était une suite logique. Je suis passionné d’histoire, de société, et j’avais envie de m’exprimer autrement. Le livre offre une temporalité différente, plus introspective. 

Vous avez écrit plusieurs livres, dont certains autobiographiques. Quel regard portez-vous sur votre parcours d’auteur ? 
J’essaie d’être sincère. Que ce soit en parlant de mes engagements, de mes souvenirs de scène ou de mes réflexions personnelles, j’écris comme je joue de la guitare : avec le coeur. 

On vous connaît pour votre engagement en faveur de la cause animale. D’où vous vient cette sensibilité ? 
Je suis végétarien depuis l’enfance, et la souffrance animale me révolte profondément. J’ai toujours voulu utiliser ma notoriété pour défendre ceux qui n’ont pas de voix. C’est un combat essentiel pour moi.

Vous avez récemment publié un livre sur la corrida. Pourquoi ce sujet en particulier ? 
Parce que la corrida est une barbarie que l’on continue de justifier par la tradition. J’ai voulu démonter les arguments fallacieux, mettre en lumière la cruauté de ce spectacle. C’était une nécessité. 

Vous vivez aujourd’hui à la campagne, loin du tumulte des grandes villes. Que vous apporte cette vie ? 
C’est un choix assumé, presque vital. Avec ma femme et ma fille, nous avons trouvé un équilibre dans un environnement paisible, au coeur de la nature. Nous sommes entourés d’animaux, ce qui renforce encore cette harmonie. C’est un mode de vie en accord avec mes valeurs : respect, simplicité, bienveillance. La campagne m’offre un souffle, une respiration, loin du bruit du monde. 

Entre musique, écriture, production… comment trouvez-vous l’équilibre dans votre quotidien ? 
Je ne sépare pas vraiment ces activités. Elles se nourrissent les unes des autres. Ce qui m’importe, c’est de rester fidèle à moi-même, de ne pas me trahir. Le reste suit, avec beaucoup de travail… et un peu de passion.