LA POÉSIE PICTURALE DE CLÉMENCE MONNET

L’illustratrice, peintre et designer textile nous entraîne dans son univers où le réel et le rêve s’entremêlent dans un jeu vivifiant de couleurs et de lumière. Rencontre.

Coquelicots, projet personnel, Clémence Monnet, 2024

Depuis vingt ans, Clémence Monnet investit l’édition jeunesse, la presse magazine et le design textile dédié à des enseignes de la mode enfantine. Cette ancienne diplômée de l’ESAD d’Orléans, auparavant IAV (Institut d’arts visuels), baigne depuis sa naissance dans les travaux manuels : sa grand-mère était couturière, la famille de sa mère est issue d’une lignée de potiers dans le Berry, et son père, ingénieur en agronomie, est un passionné de peinture et de jardinage. « J’avais toujours les mains dans la malle à tissus. », explique-t-elle. 

« Et j’ai eu la chance d’avoir accès à la boîte de couleur de mon père. J’ai pu ainsi m’exercer très tôt. Les livres m’ont également donné envie d’aller plus loin dans le dessin. » 

Vers des ailleurs

Depuis lors, Clémence Monnet façonne son monde merveilleux entre rêveries et envolées. « J’aime partir du réel et créer un personnage qui va prendre une position centrale et m’emmener dans son environnement. La couleur me guide aussi vers d’autres univers. » Les artistes qui l’inspirent ? Sempé. « L’expression de ses dessins m’a toujours fascinée, à l’image du livre Marcelin Caillou fait de noir et blanc et de rouge. J’ai eu envie très vite de reproduire le caractère de ces personnages. » 


Se joignent à ses influences David Hockney et Brecht Evens. Comme eux, elle explore la lumière et la couleur, tout en s’emparant de ce qu’elle aime et utilise : l’aquarelle, l’encre de Chine et les crayons de couleur. Si elle ne s‘affilie pas à un courant en particulier, son style tend vers l’expressionnisme, le surréalisme ou encore l’orphisme. À son actif, Clémence Monnet a illustré une douzaine d’ouvrages (Train de nuit, Hanabishi, Artist’s Eyes, Youkali) et plusieurs revues comme XXI et Dada, ou pour le CNRS.



Au coeur des forêts

Celle qui a passé sa jeunesse à la Ferté-Saint-Aubin est installée aujourd’hui dans un petit village de mille habitants à Rozay-en-Brie en Seine-et-Marne, avec son conjoint et ses enfants. L’artiste de 45 ans garde ce besoin de nature qu’elle puise dans sa Sologne, au coeur de la maison de ses parents, collée aux bois communaux et bordée d’un vaste jardin. « Quand j’y retourne, j’ai toujours un rituel. Je me promène dans les bois et je bâille à répétition, comme si je me regorgeais de l’oxygène des arbres. Ils ont une présence humaine incroyable. » 

Clémence Monnet ne cesse ainsi de s’en nourrir dans ses dessins. « Le plus impressionnant est leur changement de couleurs. La palette passe du jaune à l’orange et au rouge violet. Cela m’inspirera toujours. » 

Dans ses nouveautés ? Elle a dépeint les mots de treize poétesses qui sondent l’enfance dans le recueil illustré Bonjour Poésie et prépare deux projets de livres encore gardés secrets.

Contact
Clémence Monnet
Site : agent002.com 
Instagram : @clemencemonnet

Texte : Nathalie Dassa
Photos : Clémence Monnet