Ce modèle emblématique de la maison Dognin, orné d’une salamandre, l’animal fétiche de François 1er, s’inspire des formes architecturales du château de Chambord. Rencontre avec Luc Dognin.

L’inspiration née en tout lieu. C’est ce que démontrent Luc Dognin et Rafik Mahiout, fondateurs de la marque de maroquinerie de luxe Dognin. Le premier imagine, crée, fabrique. Le second gère la communication et le développement.
Premier prix du label Fabriqué à Paris en 2018, le sac Sologne est la pièce maîtresse de la maison. Tout de cuir et de textile vêtu, cet objet cousu main puise dans l’architecture gothique, la Renaissance française et le château de Chambord. Tout est parti d’une convention pour une collection après une visite de Rafik Mahiout au coeur du domaine, alors dirigé par Jean d’Haussonville.
« Il n’y a pas eu réellement de suite », explique Luc Dognin, « mais un modèle en est ressorti. En l’appelant Sologne, j’ai également rendu hommage à ma grand-mère qui a vécu à Neung-sur-Beuvron. Je n’aurais jamais pensé avoir un sac aussi luxueux dans notre collection. »

Travail d’orfèvre
8 500 €, c’est en effet le coût de ce joyau à porter. Les autres pièces varient entre 800 et 2 500 €. Tout prend corps dans son espace boutique et atelier de 160 m², sis à la Goutte d’or dans le 18e arrondissement de Paris. Le savoir-faire de Dognin se cache dans les détails : quatre faces arrondies sont reliées par des arcs, à la façon d’une croisée d’ogives inversée.
« Ce fut la révélation. », confie-t-il. « Si on la renverse, elle crée un beau contenant. Je suis parti de cette pensée et j’ai repris l’ornementation du château liée à François 1er : la salamandre, les couronnes, les flammes. J’ai intégré aussi les tommettes en marbre noir qu’il a ramenées de sa captivité en Italie. J’ai ensuite donné un aspect de bas-relief comme sur la pierre de tuffeau et procédé à un marquage du cuir qui imprime les motifs. »
Cet arrière-arrière-petit-fils, issu d’une lignée de fabricants de dentelle sur plus de deux siècles, ouvre ainsi le champ des possibles dans la maroquinerie, gardant cette même intention qui allie industrie, artisanat et innovation.

De la Sologne à Osaka
Aujourd’hui, la marque parisienne possède un bureau à Tokyo. Du Japon à la Corée du Sud en passant par la Chine, le duo fait cap vers l’Asie. Dognin participe d’ailleurs à l’exposition universelle d’Osaka dans l’espace Futurotextiles.
Une version du sac combine ainsi l’original avec le nouveau procédé breveté de Luc Dognin : une machine industrielle qui crée un cuir flexible. Pour ce faire, il a collaboré avec la Centrale de Lille, l’une des grandes écoles d’ingénieurs françaises, afin de la concevoir et de fabriquer des produits. Le prototype sera bientôt installé à l’atelier.
« Cela rejoint notre grand projet : faire de la Goutte-d’Or le nouveau quartier manufacturier dans le métier de la mode à Paris. », s’enthousiasme-t-il, avant de conclure avec humour : « À l’image de François 1er qui a fait de Chambord la vitrine du meilleur de la France, on se met dans les pas de cet auguste roi pour porter haut les couleurs de la création française dans notre domaine. En toute modestie. »
Sac Sologne
Fabrication sur commande
Fermeture par un mousqueton
À l’intérieur : une grande trousse zippée
Longueur 25 cm – Largeur 25 cm – Hauteur 28 cm
Dognin
Site : dognin.paris
Instagram : @dognin
Texte : Nathalie Dassa




